Pour la plupart d’entre nous, si l’on peut prendre plaisir à jouer les crooners sur du Sinatra ou à donner de la voix sur de vieux tubes Motown, c’est une torture que de s’écouter chanter… Rassurez-vous, si vous êtes ainsi, c’est qu’a priori, vous êtes sain d’esprit (à moins que vous ne soyez particulièrement fier de votre voix).En effet, d’après une récente étude américaine basée sur du karaoké, les personnes présentant des
dommages neurodégéneratifs au niveau du cerveau n’étaient pas du tout embarrassées à l’écoute de leur performances vocales. A l’inverse, les personnes, qui n’en présentaient pas du tout, l’étaient réellement. Au final, les chercheurs ont pu associer une zone cérébrale à l’embarras. Une découverte qui pourrait avoir des applications dans le diagnostic précoce de certaines maladies cérébrales.Le karaoké mis au service de la recherche neurologiqueEn pratique, les chercheurs des Universités de Californie (San Francisco et Berkeley) ont enregistré les performances vocales de 79 personnes qui ont du chanter My Girl, des Temptations, dans les mêmes conditions qu’un karaoké (avec les paroles diffusées à l’écran et un accompagnement musical), l’ambiance en moins. Parmi elles, 58 présentaient des maladies neurodégénératives.
Ensuite, chaque personne devait regarder sa performance en version brute, c’est-à-dire uniquement le chant, sans musique… “Chez les personnes saines, le fait de se regarder chanter a entraîné une réaction d’embarras considérable, souligne Virginia Sturm, qui effectue son post-doctorat à l’Université de Californie (San Francisco). Leur tension artérielle avait augmenté, comme les battements de leur coeur et leur respiration. A l’inverse, les personnes avec des dommages neurologiques dans le cortex frontal médian réagissait avec indifférence“.Les chercheurs avaient pris le soin d’utiliser l’imagerie par résonance magnétique pour déterminer la zone du cerveau associée à l’embarras. Les personnes présentant de nombreux dommages au niveau du cortex cingulaire antérieur étaient celles qui ne manifestaient aucun embarras à l’écoute de leurs performances. D’après les chercheurs, l’ampleur de la zone touchée était proportionelle à l’embarras ressenti.Identifier plus tôt les premiers signes d’une maladie neurodégénérativeLes chercheurs en concluent que le fait ne pas se sentier honteux est un signal d’alarme. “Les émotions comme l’embarras sont particulièrement vulnérables dans les maladies neurodégénératives touchant les lobes frontaux“ précise Virginia Sturm. Ainsi, il est tout à fait sain et normal de s’arracher les cheveux à s’entendre chanter.A terme, une meilleure compréhension des émotions comme l’embarras ou d’autres comportements pourraient aider à mieux saisir les changements de comportements de personnes atteintes de certaines formes de démence et ainsi participer à un diagnostic plus précoce de certaines maladies.Emeline DufourSources :Ces résultats ont été presentés dans le cadre du
Meeting annuel de l’American Academy of Neurology à Hawaii .
“UCSF team describes neurological basis for embarrassment“ – UCSF – 14 avril 2011Click Here: WORLD CUP Rugby Shop